Maxime Renaux "Rendez-vous samedi matin au Touquet !"



Par Eric Breton - Photos Yamaha Racing

Maxime Renaux

La semaine dernière au grand raout de présentation des teams Yamaha européens qui en cette saison 2016 vont porter haut les couleurs de l’usine japonaise et de sa filiale continentale, Maxime Renaux était de la fête, convié à Barcelone en tant que pilote à part entière du Team Kemea MX au sein duquel il va participer au championnat d’Europe 250. Mais on n’aura pas à attendre fin mars et l’ouverture de la série à Valkenswaard pour voir le Picard à l’œuvre puisque dès samedi prochain il défendra son titre lors de l’Enduropale Junior au Touquet.

L’an passé il avait « tué » la concurrence, dominant l’épreuve et tous ses adversaires équipés de 250 cc quatre-temps au guidon de sa petite 125 YZ. Cette saison il pilotera à son tour un quart-de-litre, donc autant dire qu’il fait d’ores et déjà figure de super favori ! Et Maxime n’a que quinze ans : né en 2000, il célébrera son seizième anniversaire le 17 mai prochain, ce que, vu son gabarit et sa maturité, dans le « civil » comme en piste, on a trop souvent tendance à oublier un peu vite. Une précocité très impressionnante, en un mot exceptionnelle. De plus, vif, ouvert, souriant et super sympa, par-dessus le marché, le kid n’a pas pris le melon, et là il marque encore des points…
OK ? Allez, vamos : entrevista desde Barcelona !

Maxime, si on te demandait de revenir sur ta saison 2015 en quelques mots ?
Eh bien j’ai vécu une superbe saison, dans la mesure où on n’avait pas prévu, ni moi, ni personne, que ça se passerait aussi bien ! On ne s’attendait pas à de si bons résultats, si rapidement… Bien sûr, la blessure de fin de parcours (Ndlr : Une clavicule fracturée, bad news, au lendemain du titre Mondial décroché en Espagne à la mi-juillet) m’a empêché de défendre mes chances jusqu’au bout en championnat d’Europe et c’est dommage, un peu comme une ombre au tableau. Une grosse déception sur le moment, mais c’était surtout pas mal de malchance et après tout ce sont les risques du métier, on va dire ça comme ça. Malgré tout, dans l’ensemble j’ai passé une très bonne année, dans un super team, entouré de gens formidables, tout était réuni pour faire fort et ça m’a plutôt réussi. Au moment du bilan, c’est clair, je suis content de ma saison !

Et si l’on évoque 2016, tu dis quoi ?
2016, pour l’instant c’est préparation hivernale, beaucoup de boulot, côté pilote comme côté moto, avec du testing et encore du testing, ce genre de choses. A l’heure d’aujourd’hui, on se prépare, on travaille dur et on avance pas mal, on est plutôt sur la bonne voie, j’ai l’impression… Les courses vont arriver très vite, faut donc pas perdre de temps ! Maintenant, faut pas se précipiter non plus, ne pas faire n’importe quoi, éviter les erreurs : juste faire les choses bien, comme elles doivent être faites. Et je pense que c’est ce qu’on fait, ça se passe bien, du coup on devrait être prêt à l’heure H.

Parlant de motocross pur et dur, as-tu prévu de disputer des épreuves de pré-saison avant le début du championnat EMX ? 
Oui, normalement je roulerai à Valence. Et c’est tout ! Même si ensuite le championnat d’Europe 250 auquel je m’attaque cette année ne démarrera qu’au retour des Grands Prix des deux premières épreuves outre-mer, Qatar et Thaïlande. Ça ouvrira à Valkenswaard le 28 mars, donc assez tard…

Que ce soit sur le championnat d'Europe EMX 250 ou en championnat de France Elite, Maxime évoluera sous les couleurs du team Yamaha Kemea

Comment envisages-tu cet EMX 250 ? Te sens-tu capable d’établir un pronostic, au plan personnel ?
Je vais découvrir un nouveau championnat, pour moi tout sera nouveau et sans aucune expérience de la catégorie je ne me vois pas du tout capable de prédire quoi que ce soit. Je n’ai aucune idée de la façon dont les choses vont bien pouvoir se dérouler, qui seront les hommes forts, qui gagnera, qui dominera... Ça me paraît donc assez illusoire de vouloir faire un pronostic, mais une chose est sûre : je vais tout donner pour obtenir le meilleur résultat possible ! J’ai envie de dire : comme d’habitude… Evidemment, mon objectif ce sera de me classer le mieux possible à l’arrivée de chaque manche, de marquer un maximum de points à chaque épreuve et ensuite au final on verra bien ce que ça donnera… Top-10, top-5, top-3, où me situer ? Je n’en sais rien du tout, vraiment ! On va voir ça, ça va être intéressant. Bien entendu, j’ai l’intention de faire de mon mieux, de faire partie des meilleurs !

En championnat d’Europe, comme à Valence, tu porteras donc les couleurs de Kemea, ton team au plan international comme l’an passé. Mais en France, où tu es engagé en championnat Elite, en 24 MX Tour plutôt puisque c’est la nouvelle appellation officielle de la « formule » adoptée par la FFM en 2016, collaboreras-tu toujours avec Drag’On ?
Aujourd’hui je suis pilote Kemea, quelle que soit la compétition. En France comme ailleurs, je porterai donc les couleurs de cette équipe. J’utiliserai du matériel préparé et confié par l’équipe, aux couleurs de l’équipe et de ses sponsors. Kits déco, fringues et tout ça… Cela dit, je vais en effet participer à l’Elite, en catégorie 250 et ce n’est pas encore complètement défini, rien n’est sûr mais je pense qu’on me verra toujours, dans les paddocks de championnat de France, sous une tonnelle Drag’On, accompagné de Guillaume Davion… 

Vainqueur du Touquet Jeunes en 2015 au guidon d'une "petite" 125cc, Maxime sera cette année le grand favori à sa propre succession !

Au fait, avant cela, n’y a-t-il pas une certaine course, vers chez toi, au départ de laquelle, peut-être, on risquerait de te retrouver ?
Oui, bien sûr : le Touquet ! Comme je n’ai pas dix-huit ans, je ne peux pas encore prétendre être au départ de l’Enduropale, mais je vais à nouveau participer à l’épreuve Junior.

L’an passé tu avais taxé tout le monde au guidon d’une 125 cc : cette fois, sur une deux-et-demie, tu vas te promener !
Me promener, peut-être pas ! L’Enduropale, même Junior, ça reste une course d’endurance, sur une heure et demie, avec de très nombreux pilotes en piste et toutes sortes de critères entrant en ligne de compte, c’est extrêmement aléatoire ! Tout peut arriver, un problème mécanique, un ravitaillement qui se passe mal, un panneau qu’on ne voit pas, toutes sortes de facteurs au-delà de la performance pure qui font que ce n’est jamais gagné d’avance, surtout pas… Bien sûr, j’ai gagné l’an dernier et je rêve de gagner à nouveau. Je vais tout mettre en œuvre dans ce but et il est vrai que je dispose des meilleures cartes qui soient pour atteindre cet objectif. Mais je dirai, je sais que c’est pas très original comme affirmation mais c’est comme ça : tant qu’on n’est pas passé sous les damiers, rien n’est joué !

Dans la région tout le monde regarde le Touquet, sur place ou non, tout le monde est au courant de ce qui s’y passe, tout le monde connaît les pilotes de pointe et supporte son ou ses favoris, surtout s’ils sont du coin !

C’est « ta » course, le Touquet ! Je t’ai pourtant entendu dire que ce n’était pas vraiment un objectif pour toi, que le sable n’était pas ta priorité, par rapport au motocross…
C’est pas « ma » course, non, ce serait bien prétentieux de dire une chose pareille à mon âge ! Mais c’est surtout une course que j’apprécie, c’est sûr, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce n’est pas une priorité dans mon programme, c’est exact, ça vient en plus, un peu comme un complément d’entraînement, au départ. Mais c’est une course que je suis depuis que je suis tout petit, que j’ai regardée à la télé, mais aussi que l’on m’a emmené voir dès mon plus jeune âge… Une course que j’aime. Et puis c’est l’événement sportif par excellence, dans le Nord ! Dans la région tout le monde regarde le Touquet, sur place ou non, tout le monde est au courant de ce qui s’y passe, tout le monde connaît les pilotes de pointe et supporte son ou ses favoris, surtout s’ils sont du coin ! Le coup d’adrénaline est incroyable, j’en ai la chair de poule rien que d’en parler, lorsqu’on est follement encouragé du bord de piste par ce public si enthousiaste ! C’est un peu dingue… Alors, forcément, moi qui suis originaire de la région et qui ai déjà un tout petit peu fait parler de moi à l’occasion de cette épreuve, je vis ça à fond. Pour tout dire, je suis très pressé d’y être, j’ai hâte de prendre le départ sur la plage !

Tu es à l’aube d’une carrière en motocross qui ne fait encore que débuter mais qui s’annonce radieuse. Tu te vois, à l’avenir, devenu pilote de GP, rester fidèle au Touquet, chaque année ?
Oui, je pense. Après, faudra voir, selon les années, les résultats, les programmes, etc, mais a priori, pourquoi pas ? C’est peut-être un peu tôt pour en parler : je n’ai encore jamais pris le départ du « vrai » Enduropale, celui des grands. Ça ne se fera pas avant deux ans, et encore si on m’accorde une dispense, en 2018 donc ! Mais, bien sûr, si je peux je serai au départ du Touquet chaque année ! Oui, je crois bien que continuerai à y aller. En premier lieu, histoire de remercier mon moto-club, le MC Péquencourt, qui m’apporte énormément et qui, on le sait, est super impliqué sur cette épreuve. Pour eux, en tant que club phare du Nord de la France, le week-end de l’Enduropale est absolument capital et, si à mon niveau je peux les aider à obtenir davantage de retombées, à faire parler d’eux, à renforcer leur prestige dans la région et même au plan national, je serai toujours à leurs côtés, prêt à jouer le jeu. C’est à mon sens un minimum, au vu de la somme d’efforts qu’ils font pour le sport moto en général, et pour les courses de sable et la grande classique hivernale en particulier. Ça me semble juste normal de renvoyer l’ascenseur, de leur rendre une petite partie de tout ce qu’ils ne cessent de semer. Sans eux, le motocross et les courses de plage ne seraient sûrement pas ce qu’elles sont, j’en suis bien conscient !.

Avis à tous : ne manquez surtout pas le rendez-vous de l’Enduropale Junior 2016, samedi 30 janvier de 9 heures à 10 heures 30 sur la plage du Touquet ! Un tuyau pour finir : Maxime portera le n°111…