Marnicq Bervoets et les rookies du team Kemea



Info Adam Wheeler www.ontrackoffroad.com - Photos Yamaha

Marnicq Bervoets et les rookies du team Kemea

A Assen le jeune Belge Brent Van Doninck a signé le premier podium de sa carrière en GP. Et le premier du team Kemea-Yamaha cette saison. Qui, bien entendu, n'a pas manqué de faire la joie des responsables de l'équipe.

Celle-ci avait déjà enregistré quelques top-ten signés BVD et surtout par son coéquipier français Benoît Paturel, de même elle avait connu le succès en EMX 250 grâce à Damon Graulus, le troisième homme de la structure. Bref, peu à peu, la formation créée par Hans Corvers et managée sur le terrain par un ancien rival de Stefan Everts à l’époque des GP 250, Marnicq Bervoets, a fait oublier ses premières tentatives au plus haut niveau, guère convaincantes, avec des pilotes comme Luke Styke et Petar Petrov, pour devenir l’un des teams qui comptent en catégorie MX2. Preuve de la satisfaction ambiante, Kemea a d’ailleurs prolongé son accord avec Van Doninck et Paturel, leur faisant signer des contrats longue durée au-delà de  2016.

J’essaie de les aider au maximum, en les guidant à travers le embûches qu’ils ne manquent pas de rencontrer en devenant pilotes professionnels - Marnicq Bervoets

Et si l’équipe belge connaît aujourd’hui une telle réussite, il est clair que Bervoets n’y est pas étranger. On retrouve également la trace de l’influence du coach belge si l’on s’attarde sur le parcours de Maxime Renaux : en effet, le teenager tricolore qui (en plus du titre Junior français) a complètement explosé au plan international cette année, remportant le titre mondial Junior FIM et passant tout près de la consécration européenne (une clavicule fracturée lui a coûté une couronne EMX 125 qui lui semblait promise), portait lui aussi, hors de l’Hexagone, les couleurs de Kemea. Cela fait cinq ans maintenant que Marnicq, 46 ans, collabore avec son employeur et fait profiter ses jeunes pilotes de son expérience. « J’essaie de les aider au maximum, en les guidant à travers le embûches qu’ils ne manquent pas de rencontrer en devenant pilotes professionnels. Ils ont leurs propres entraîneurs, experts en matière de condition physique, qui leur établissent des programmes précis, moi j’essaie de construire quelque chose avec eux en tenant compte de leur personnalité, de leur caractère. Au-delà d’un coach perso qui définit leur mode d’entraînement, ils ont besoin d’être assistés sur le terrain, de se fixer des objectifs, d’être conseillés du bord de piste, en ce qui concerne les trajectoires par exemple, d’être en permanence encouragés ou à l’inverse corrigés, ceci pour progresser en vue de la course du lendemain, ou bien de la seconde manche, ou encore du week-end suivant. C’est un vrai job, dans lequel je m’implique à fond, en donnant la priorité au dialogue. Pas question de leur dire : « Faites comme ça, c’est mieux, point ! », ce n’est pas la bonne méthode, trop d’autorité tue l’autorité. Je veux les voir réfléchir, prendre les bonnes décisions, celles qui leur conviennent le mieux, et non pas suivre bêtement tel ou tel ordre… ».

Marnicq Bervoets et les rookies du team Kemea

« Brent (Van Doninck, destiné au départ au championnat d’Europe, avant de switcher avec Damon Graulus) et Benoît (Paturel) semblaient assurément prometteurs mais j’ai été surpris par la rapidité de leur progression sur les premiers Grands Prix. Au fond de moi-même j’étais convaincu qu’ils avaient le potentiel pour intégrer le top-ten et, à les observer rouler, connaissant leurs résultats depuis leurs débuts, je me suis assez vite persuadé qu’ils étaient capables de faire fort. Ce qu’il leur fallait c’était une équipe solide, du bon matériel, et, autant que faire se peut, tâcher de rester en bonne santé, éviter les blessures. Et jusqu’à présent ça s’est plutôt pas mal passé : rien de génial au début, mais ensuite les progrès ont été constants, du bon boulot. Je crois que l’équipe est prête à passer un nouveau cap, celui du top-5 et peut-être, bientôt, celui du top-3. C’est le but. Mon objectif en tous cas ».

Avec Van Doninck (19 ans) et Paturel (21 ans) bien installés en MX2, le rôle de Bervoets va évoluer : « Je les connais très bien désormais, ce qui n’était pas le cas l’hiver dernier. Je peux travailler différemment, en me concentrant sur des points bien précis. Bien sûr, il y aura davantage de pression, puisqu’ils ont pris conscience de leur valeur et maintenant il va falloir composer avec ça ».

Corvers et Bervoets ont tous deux établi une relation très forte avec Yamaha, bâtie sur le long terme et, aux côtés du team Standing Construct, les voici qui forment une sacrée belle armada bleue dans le paddock des Grands Prix MX2. Cette saison comme les précédentes Kemea (« Viens me chercher », en flamand) et ses YZ 250F ont pu compter sur le soutien technique et la très solide expérience des mécaniques d’usine de la division YRRD dirigée par Michele Rinaldi, mais rien n’est encore défini à cet égard pour 2016. « Nous ne savons pas encore ce qu’il en sera. Mais sous peu, à la fin du championnat, je pense, nous serons fixés sur les intentions de Yamaha », confie un Bervoets apparemment pas trop inquiet…