Cooper Webb à la veille du GP des Amériques : « Affronter les meilleurs, n’importe où ! »

Article ajouté le 03/09/2016

De gros nuages menaçaient et des averses avaient déjà pas mal arrosé le Charlotte Motor Speedway lorsqu’a débuté le « Press Day », jeudi. Bien sûr, l’enfant du pays, Cooper Webb, était de la partie, peu importe la météo, pour inaugurer la piste de motocross tracée dans l’enceinte de l’immense stade automobile dédié à la discipline reine des sports mécaniques dans le Sud des Etats-Unis, la NASCAR. L’endroit ne manque pas d’impressionner avec ses 90 000 places assises et il convient de préciser que, dans la tribune principale face au circuit spécialement bâti pour le GP, les quelque quinze mille fans n’auront pour la plupart d’yeux que pour le double champion US 250 2016, SX (West) et MX, natif de Caroline du Nord ! Qu’on annonce une tempête tropicale pour samedi soir, que les courses se déroulent sur une piste boueuse à souhait (même si elle a été recouverte de bâches depuis qu’elle est achevée), le « Coop’ », 20 ans, n’en a cure : ce sera sa dernière apparition au guidon d’une deux-et-demie et le moins qu’on puisse dire, c’est que le garçon est motivé ! Comme il nous l’a confirmé jeudi soir…

On peut s’attendre à une belle bagarre entre le leader du championnat MX2, Jeffrey Herlings, et vous…
Ça promet d’être sacrément excitant ! Evidemment il sera surtout super concentré sur son championnat, qu’il doit conclure, et c’est un type de situation que j’ai moi-même connu un peu plus tôt dans la saison. En fait je pense qu’on va assister à des courses très sympa sur un terrain inédit, nouveau pour tout le monde, puisque personne n’a jamais roulé ici, dans l’enceinte du Charlotte Motor Speedway, sur des machines de motocross. Herlings domine les Grands Prix, moi j’ai remporté le championnat US, alors les deux meilleurs pilotes 250 du monde face à face, c’est une affiche que les fans ont envie de voir, forcément. C’est toujours cette même vieille question : qui sont les meilleurs, les Européens ou les Américains ? Pas question d’obtenir une réponse définitive sur une course, mais c’est toujours très sympa d’essayer !

Vous, vous évoluez « à la maison » !
Originaire de Caroline du Nord, ayant l’habitude de venir ici voir la NASCAR - la première fois, je devais avoir 10 ans - si l’on m’avait dit qu’un jour je roulerais ici sur une moto de cross, je ne l’aurais pas cru ! C’est cool d’assister à l’évolution du sport moto tout-terrain, de voir une épreuve de niveau mondial débarquer ici aux States avec les top pilotes des deux côtés de l’océan Atlantique. C’est vraiment chouette. OK, tous les meilleurs Américains ne sont pas là… Mais les Euros, eux, sont tous présents ! Ils sont au top, parfaitement préparés, en pleine bourre, sur des motos super au point et ce doit être plutôt cool pour eux de terminer leur championnat en passant par les USA. Pour moi eh bien c’est un vrai challenge de rouler ici en essayant quelque chose de nouveau. Evidemment l’ambiance sera très spéciale pour moi avec toute ma famille, mes proches, tous mes amis, massés au plus près de la piste. Pour ce qui est du terrain, j’ai vu qu’ils étaient allés chercher un peu de cette bonne terre de Caroline du Nord. Ce circuit, c’est quelque chose que ne connais pas du tout, que je découvre et j’ai dans l’idée que ça va être assez particulier. En tous cas j’apprécie le fait que les spectateurs puissent embrasser d’un coup d’œil l’ensemble du tracé : pour eux ça risque d’être une expérience assez grandiose. En ce qui me concerne, je vais forcément me sentir un peu chez moi, avec une bonne partie du public derrière moi, ce qui n’est jamais négligeable. C’est motivant, bien sûr. En championnat cette saison, j’ai bénéficié du soutien d’une grande partie du public, c’était top ! Même s’il y a aussi des gens qui ne m’aiment pas, on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais je crois que là, dans cette ambiance « Europe vs. USA », je vais avoir la majeure partie du public américain derrière moi.

Vous risquez de perturber, voire de fausser le dénouement du championnat du monde MX2…
C’est difficile à dire, en tous cas je ne suis pas là pour influencer le résultat, ni compromettre les chances de qui que ce soit. Je vais courir comme je le fais d’habitude. Pas question de se montrer trop agressif et de sortir quelqu’un, par exemple. Je cours pour gagner et je sais qu’il en est de même pour chacun des pilotes qui se présentent derrière la grille. Mais avoir envie de gagner ne signifie pas se comporter comme un idiot…

Vous n’hésitez pas à participer à différents types de courses, à essayer tout ce qui se présente : c’est le futur, cette sorte de « flexibilité » chez les pilotes ?
Chacun ses choix, mais moi j’ai toujours souhaité me mesurer à ce qui se fait de mieux au monde, qu’il s’agisse de motocross ou de supercross, à saisir toutes les opportunités qui se présentent de rouler au niveau international. Quand j’y pense, mes meilleurs souvenirs ce sont les diverses expériences auxquelles j’ai pu être confronté en Europe, au Japon, en Australie. J’ai beaucoup appris à me mesurer aux Européens, des leçons qui me servent ici aux Etats-Unis. Je trouve ça important : moi il me semble que c’est un peu dommage de se limiter à son petit championnat chez soi, dans son coin, point.

Gareth Swanepoel, votre coach, responsable de la préparation de tous les pilotes Star Racing, est un ancien pilote de GP. Quelle est exactement son influence à cet égard ?
C’est quelqu’un de très ouvert, justement. Venant du milieu des GP, Swanny aime au moins autant les championnats du monde que le championnat US. Mais ce n’est pas lui qui m’a insufflé ce type d’attitude, ça c’est quelque chose que j’avais en moi. En tous cas il va me dire si telle ou telle décision est une bonne idée ou non, il écoute ce qu’on a à dire et c’est non seulement très agréable, c’est aussi super important ! Je sais bien que certains entraîneurs, certains managers, certains teams ne veulent pas entendre parler de courses supplémentaires mais, en ce qui me concerne j’ai la chance d’être entouré de gens très intelligents, un groupe de personnes qui me soutiennent en ayant à l’esprit uniquement ce qu’il y a de mieux pour moi.

Que pensez-vous de ces pilotes qui refusent d’aller au MX des Nations ?
Je trouve ça un peu dommage. Honnêtement, si vous avez la chance d’être sélectionné, c’est un tel honneur de pouvoir représenter son pays, il faut y aller. Je suis bien conscient, évidemment, de la difficulté du système US, avec ces deux championnats très longs et des épreuves qui viennent encore s’y ajouter comme la Monster Cup, ça donne des saisons interminables, c’est vrai, et il est tout à fait légitime de demander un peu de repos, d’avoir enfin un peu de temps à soi pour décompresser, se relaxer… Mais en même temps on doit pouvoir s’organiser pour prendre ses vacances à une autre période de l’année que celle des Nations ! Peut-être suis-je encore jeune, plein d’énergie, très enthousiaste, et n’ai-je pas encore cette façon de voir les choses propre à d’autres types plus âgés… En tous cas pour moi participer aux Nations représente une chance inouïe : c’est l’épreuve que j’ai préférée l’an dernier dans mon calendrier de courses et je n’ai qu’une hâte c’est d’y retourner. D’autant plus que lorsque vous restez sur une défaite, un échec, vous avez à cœur de remettre ça pour, cette fois, tenter de gagner !

Par Adam Wheeler - photo mxgp.com
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