Interview : Sébastien Guillaume

Article ajouté le 17/11/2016

Une passion pour la mini moto

 

Champion de France d’enduro, deux fois vice-champion du Monde E3 et quatre fois champion du Monde par équipe, Sébastien Guillaume a lâché la compétition et la discipline il y a trois ans de cela pour se consacrer, après quelques hésitations, à la mini moto. Un changement étonnant, à contre courant, mais pas si farfelu que cela. Notre Normand a réussit à lancer un magasin. Il a ouvert une piste de mini motos et surtout, il s’éclate dans son boulot, loin de l’ambiance stressée et parfois superficielle de la compétition !

 

Salut Seb ! Alors, dis nous tout, c’est quoi Mini Wheels ?

« C’est un magasin de mini motos que j’ai ouvert il y a maintenant deux ans et demi. C’était en mai 2014. Mais c’est aussi un centre pour pratiquer que j’ai tracé sur mon ancienne spéciale extrême, à 5 minutes à peine du magasin. Je l’ai ouvert un mois et demi après le shop car j’ai vite compris que l’un n’allait pas sans l’autre. Tu ne peux proposer une moto pour débutant, ou pour le loisirs, sans permettre aux gens de découvrir la discipline dans des bonnes conditions. Faire de la moto dans les bois sans papier et assurance, c’est fini, ça. Le top serait d’avoir les deux au même endroit, le magasin et la piste, mais déjà dans cette configuration, ça se passe bien.

Ça se passe bien, ça signifie que tu gagnes plein de sous ?

Je ne gagne pas une fortune, mais ça marche correctement. Surtout, je me régale à faire ça, loin de la compétition. Il faut bien comprendre qu’on est dans un univers très éloigné de ce qu’on connaît nous autres, les « gens du milieu ». Mes clients, c’est le père de famille qui veut faire plaisir à son fils parce qu’il le tanne avec la moto. C’est le jeune qui n’a pas trop de sous. C’est le débutant qui a peur de se faire mal avec une moto de cross trop puissante et chère. Ma clientèle, c’est le grand public et je me fais plaisir à communiquer avec ces gens mon amour de la moto. Notre piste est ouverte tous les samedis et c’est un vrai plaisir que de passer du temps avec toutes ces personnes qui se régalent. L’ambiance est excellente ; les enfants jouent entre eux, les parents discutent, mangent une crêpes parce que je fais venir un camion de restauration… Au final, tout le monde passe du bon temps et c’est ça l’important. 

Faire de la moto dans les bois sans papier et assurance, c’est fini ! 

Ça ne roule pas le dimanche ?

« Non parce que je ne veux pas de souci avec le voisinage. On est tolérés, c’est déjà super. Nous ne sommes pas là pour embêter les riverains qui souhaitent passer des week-ends tranquilles. Après, les jours fériés, nous ouvrons aussi quand la météo le permet. En tout cas, pour ceux qui seraient intéressés, il faut regarder notre page Facebook (mniwheels). Tous les vendredis soir, nous annonçons nos ouvertures. »

Faut-il une licence pour rouler ?

Pas forcément. Je fais souscrire une responsabilité civile aux personnes qui souhaitent rouler. C’est une assurance qui vient en complément de l’assurance qui couvre le site. »

Quels sont les tarifs ?

« Si vous avez une licence, c’est 10 €. Si vous n’en avez pas mais que vous prenez une assurance responsabilité civile, c’est 15 €. Et si vous souhaitez en sus prendre une assurance personnelle, c’est 12 euros en plus. Après, pour les gens qui viennent régulièrement, il est possible de prendre une couverture personnelle pour 85 à 105 euros par an. »

Et combien ça coûte une moto ?

« Ça dépend. Les prix s’échelonnent de 999 euros à 3400 euros. La première machine proposée par YCF dont je suis concessionnaire, c’est l’équivalent du PW50. C’est un 50 cm3 sans vitesse avec des roues de 10’. Ensuite, ça passe au 88 cm3, toujours sans vitesse et toujours avec des roues de 10 et 10. Il n’y a pas d’embrayage là encore. Le niveau au dessus, c’est la 125 cm3 4-temps, sans embrayage là aussi, mais avec des roues de 14 à l’avant et 12’ à l’arrière. Enfin, le modèle le plus évolué, c’est le 150 cm3 à 4 rapports, un embrayage et des roues en 14 et 12. Je possède 7 machines destinées à la location, afin que mes clients fassent le bon choix de machine. C’est la base pour se faire plaisir. »

Mais qui sont tes clients justement ?

« Encore une fois, c’est très varié. Il y a le petit jeune qui veut essayer la moto et dont les parents veulent être certains qu’il aime ça avant d’investir. Il y a le gars dont les potes roulent de temps en temps et qui ne veut pas se ruiner avec une moto de cross, coûteuse et en plus compliquée à entretenir. Il y le gars qui s’est fait peur avec une cross ! Il y a une famille qui veut faire un loisir ensemble, de dernière au père de famille. C’est encore une fois une clientèle ultra large. Mais qui se fiche de savoir qui a gagné le dernier GP, quel équipement est à la mode. On est dans le vrai et pas dans le paraître. »

Un mot pour finir sur ton site.

« Et bien j’ai trois pistes : une première qui est un anneau d’initiation, sans bosses, une seconde plus typée SX et une troisième de motocross un peu plus longue. Forcément, il n’y a pas d’obstacles dangereux. Les sauts, ce sont des petits doubles, des plateaux très courts. On est là pour apprendre, se faire plaisir, pas pour prendre des risques avec sa santé. »

 

Miniwheels

Shop, 21 Route de Mantes, 28260 Le Mesnil Simon

Park : D11 - Route de Versailles, 78980 Longnes

Tél : 02 37 50 09 05

La rédaction, Photos Sébastien Guillaume.
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