ESSAI : RED BULL KTM 350 SX-F "Tommy Searle"



Par Paul Malin - Photos Ray Archer

ESSAI : RED BULL KTM 350 SX-F

Lorsque Tommy Searle a rejoint le team Red Bull-KTM, il était décidé qu’il utiliserait une 350 cc. Lorsque par la suite Cairoli est passé sur une 450, l’Anglais a poursuivi sur la petite sœur. Vu la façon dont sa saison a été contrariée par les blessures, il est difficile de dire ce qui se serait passé si Tommy avait pu mener à bien un programme complet : aurait-il suivi l’exemple de Tony et adopté lui aussi la grosse cylindrée ? En tous cas, en fin d’année comme au début,  quand il a pu se présenter derrière la grille de départ, ce fut au guidon de la trois-et-demie.

J’avais déjà eu l’occasion de piloter les motos de Cairoli, ses 350 SX-F factory championnes du monde, à la fin des saisons précédentes, aussi ai-je donc pu constater la progression au fil des ans. La machine victorieuse en 2010 s’était avérée, comme on pouvait s’y attendre, très légère et puissante à la fois, sensiblement plus performante qu’un modèle stock. L’année suivante les techniciens du service-course m’avaient certifié que la cavalerie de la 350 de Tony approchait alors de très près celle d’une 450 et j’avais pu vérifier leurs dires par moi-même. Plus agressive, plus méchante, assurément, cette "Mark II" !

N’oublions pas que lorsque KTM a sorti la 350 SX-F, les ingénieurs ne savaient pas trop comment celle-ci se comporterait en course, au top-niveau, face aux meilleures 450 cc, ce qui représentait tout de même une assez belle part de risques. Bien sûr, les résultats ont parlé d’eux-mêmes, puisque Cairoli a collectionné quelque quarante-trois succès en GP aux commandes d’une trois-cinquante. Ça cause, non ? La 350 restait très performante, c’est un fait et, s’il avait été d’attaque du premier au dernier round, il est fort probable que Tommy Searle aurait pu fréquenter les podiums, au vu de sa forme du début de saison.

Si la 350 reste une moto super agréable à piloter et extrêmement efficace, on ne peut s’empêcher de penser que la balance penche désormais assez nettement en faveur de la 450

Cela dit, le fait de passer directement de la 450 de Tony à la 350 de Tommy permet de cerner d’emblée les différences. Même si ce n’est pas au niveau du guidon qu’elles se situent puisque les deux pilotes utilisent le même Renthal 827. En selle, en revanche, on sent tout de suite qu’en ce qui concerne les suspensions, ce n’est pas tout à fait la même chose : à l’avant, Tommy roule légèrement plus souple (rapport de ressort 4.4), tandis qu’à l’arrière, à l’opposé, il a fait le choix d’un amortisseur plus ferme que Tony (45 contre 42). A noter : l’Anglais est le seul à préférer une selle munie d’un petit dosseret.

ESSAI : RED BULL KTM 350 SX-F

Si la 350 reste une moto super agréable à piloter et extrêmement efficace, on ne peut s’empêcher de penser que la balance penche désormais assez nettement en faveur de la 450, vu les progrès accomplis par celle-ci. Du moins en ce qui concerne les machines d’usine, en championnat du monde. A l’usage en piste, c’est évident. On constate très vite le manque de couple maxi que déplorait Cairoli. Assurément, cette machine fait tout de suite penser à une 250 ultra-rapide. Elle prend un maximum de tours, il n’y a qu’à écouter le son du moteur pour s’en convaincre, le bruit de l’échappement n’ayant pas cette gravité propre au bloc 450. En tous cas cette 350 reste toujours très plaisante à piloter, c’est un joujou sympa, au châssis très sain, super maniable. Avec un moteur qui aime les hauts régimes, mais demandant à être davantage cravaché, naturellement plus exigeant, comparé au 450.

Tony l’a amplement démontré depuis 2010, cette machine a longtemps été parfaitement dans le coup. Cependant il est certain que, vu le travail effectué par les autres constructeurs ces dernières années, vu comme ils ont progressé, comme ils ont élevé leur niveau de jeu, sans doute la trois-et-demie est-elle aujourd’hui un poil dépassée, au plus haut niveau mondial s’entend. Par ailleurs la 450 cc de la marque a placé la barre tellement haut (et encore s’agit-il d’un nouveau modèle disposant d’une immense marge de progression…) que dorénavant elle semble devoir s’imposer le plus logiquement du monde aux pilotes officiels KTM. Et, aux commandes d’un tel engin, attention au fier Antonio Cairoli en 2016 ! 

Fiches techniques
250 SX-F / 350 / 450

Suspensions WP usine, fourche ø 52 mm
Tés de fourche Neken
Guidon, pignon, couronne, chaîne Renthal
Freins Brembo étrier double piston 260 mm AV – 220 AR (idem stock)
Disques MotoMaster
Jantes Excel, moyeux Kyte
Pneus Pirelli
Boîte de vitesses 5 rapports (étagement standard), acier Herzog haute résistance
Rapport de transmission secondaire : Jonass 14/50-51, Herlings 13/52, Cairoli 14/48-49, Searle 14/50
Piston Pankl
Embrayage Hinson
Radiateurs H2O plus volumineux, alvéoles plus grosses
Echappement Akrapovic
Filtre à air Twin Air (MX2), DT1 (MXGP)
Lubrifiants Motorex
Repose-pieds standard
Selle Selle Dalla Valle