Blacktrack Motors BT-01



Une étoile est née !

Par Claude de La Chapelle. Photos Sébastien Nunes

Blacktrack Motors BT-01

Une nouvelle marque de motos sur la base d’une mécanique d’un autre millénaire, voilà qui ne court pas les rues. C’est aujourd’hui chose faite avec la BT-01 signée Blacktrack.

La baseline de Blacktrack en dit forcément long, en quelques mots : « Built with Passion, Fueled by Emotion ». Inutile de traduire, vous êtes tous allés au bahut jusqu’en sixième. Blacktrack, c’est la nouvelle marque initiée par Sacha Lakic, le designer né à Belgrade et qui s’est fait une réputation à l’international en surfant tout azimut la moto (MBK, Bimota, Piaggio, Voxan…), l’automobile (Peugeot, Venturi), le mobilier (Roche Bobois)… Sacha, c’est un designer prolifique, qui a le vent en poupe (à son compte depuis 1994) et qui carbure à l’émotion, conjuguant simplicité et pureté des formes avec fonctionnalité. Motard dans l’âme, il nous livre aujourd’hui une machine à son image : généreuse, impactante, riche en émotions et correspondant parfaitement au cahier des charges de Blacktrack Motors : « conçue pour une utilisation quotidienne sur le ruban d’asphalte », en plus d’être un « objet rare et intemporel », un café-racer pur, du genre arabica, donc riche en arômes, et bien sûr, à déguster sans sucre.

 

Sacha Lakic donne libre court à sa créativité à travers la BT-01, un levier marketing pour véhiculer l’image Blacktrack et ses futures créations.
Le bicylindre en V de la CX 500, aérien et singulier, est au centre de la démarche de Sacha Lakic. L’objectif du designer a été de mettre en lumière ce moteur imaginé par Soichiro Irimajiri, ingénieur référent chez Honda.

CX 500 : une technologie audacieuse

C’est en rendant visite à ses amis luxembourgeois du Garage Georges que Sacha tomba sur ce qu’il restait d’une Honda CX 500 de 1982 (le premier modèle fut dévoilé en septembre 1977). Il n’en fallait pas plus pour que naisse l’idée d’une bécane taillée sur-mesure, pleine de caractère. La Honda CX 500 est une moto qui compte dans l’histoire Honda car elle est techniquement très aboutie. Elle est l’œuvre de Soichiro Irimajari, une sommité de chez Honda, formé aux technologies de l’aéronautique. On lui doit les moteurs 4 temps des années 60 tournant à très hauts régimes (20 000 tr/mn), équipant les 5 et 6 cylindres de course (RC113, RC114, RC115), puis le premier moteur F1 (RA71 V12 de 1966), la Gold Wing, la 1000 CBX (le majestueux 6 cylindres), la NR 750 à pistons ovales. Irimajiri deviendra ensuite président de Honda of America Inc. Mais, revenons à notre mouton, la CX 500. Elle se distingue par quelques spécificités techniques comme son absence de cylindres. Ceux-ci sont intégrés dans la fonderie du bloc-moteur, comme cela se fait traditionnellement dans l’automobile. Autre particularité : la boîte à 5 vitesses est logée sous le bicylindre de 50 chevaux dont les culasses sont dérivées de la RCB d’Endurance. Plus compacte, la Honda est donc plus maniable. La CX 500 recèle ainsi de nombreux jolis détails techniques (comme le simple arbre à cames logé entre les 2 cylindres), ce qui ajoute à la valeur de la BT-01.

Blacktrack Motors BT-01

Deux versions, une même émotion

Pour cette première livrée, la BT-O1 se décline en 2 versions : BT-01R (Race Edition), soit 5 motos à 55 000 € et BT-01S (Street Edition), la déclinaison « low cost » (je plaisante…), à 35 000 €, réservée à 20 happy few. Entre les deux moutures, ce sont les équipements qui font la différence, au niveau des suspensions (Öhlins), freinage (Brembo), carburateurs (Mikuni), sans oublier l’habillage en fibre de carbone. Notez qu’il sera possible d’upgrader la version Street avec les pièces Race à tout moment. La production sera assurée au Luxembourg et celle de la première machine est en cours. Vous pouvez passer commande en vous rendant sur www.blacktrackmotors.com. La BT-01 est la première pierre de l’édifice Blacktrack. « J’utilise cette moto comme levier marketing, comme un moyen de véhiculer l’image de Blacktrack pour des créations futures autour de la moto, mais aussi de lunettes, montres, vêtements… autant d’objets liés à mes passions, emprunts de vintage et de technologies, dans lesquels je mettrai la même intensité que la moto elle-même » explique le designer.

 

Au-delà du design de Sacha Lakic, la BT-01 est une réalisation mécanique de haut vol, conçue pour un usage quotidien qui se conjugue avec plaisir de conduite.

Une quête de belle simplicité

Avec la BT-01, Sacha Lakic réalise une œuvre très épurée, sur la base d’une machine dont l’épine dorsale et le moteur aérien, face à la route, offrait déjà une allure singulière. En fait, le dessin minimaliste ne sert qu’à une chose : mettre en lumière le bicylindre, magnifié par un collecteur d’échappement en Y. Le réservoir de la BT-01 gagne en dynamisme grâce à un basculement vers l’avant d’une dizaine de degrés. Le radiateur provient d’une Honda 125 CBR, la boîte à air fait place à des cornets et un ventilateur électrique remplace le ventilo permanent de la CX 500. Les commandes reculées sont prélevées sur une 1000 CBR et adaptées. La poupe est entièrement revue, avec l’adoption d’un amortisseur Öhlins de Ducati 851 au lieu des combinés, nécessitant la création d’une boucle plus petite (monoplace) permettant d’ancrer l’amorto. Le bras oscillant qui accueille l’élément Öhlins est également renforcé. A l’avant, une fourche Marzocchi Rad 50 (et son té) donne le change. Le freinage est confié à des éléments Nissin avec bocaux Rizoma. Les roues sont composées de jantes Excel avec moyeux sur-mesure, enrobées de Dunlop Sportmax Mutant en 120-70x17 et 160-60x17. Comme il l’avait fait avec la Voxan Black Magic en 2004, Sacha a opté pour des codes couleur très chics, privilégiant l’aluminium, avec une dominante de noir mat et des touches rouge. Et c’est très bien comme cela.