Interview : Steven Frossard

Article ajouté le 22/03/2017

 Sérieusement blessé fin de saison 2015 à la colonne vertébrale, et paraplégique pendant quelques semaines, Steven Frossard a fait un retour remarqué sur ses jambes à l'occasion de l'ouverture du championnat de France Elite à Saint-Jean. On en a profité pour prendre de ses nouvelles.

 

Salut Steven. Ça semble aller pas trop mal !

" En effet, tout va bien puisque que je marche ! Les séquelles que je peux encore ressentir m'apparaissent juste comme des petits désagréments. Mais n'ayant en plus aucune douleur, je peux vivre presque normalement. Je marche, je cours, je peux refaire du sport, de la moto, ça va bien quoi ! Il ne me reste plus qu'à me faire retirer les vis qui me maintiennent encore les vertèbres, bloquées à la suite de l'opération, mais ceci fait, cette blessure ne restera pour moi qu'un mauvais souvenir. En plus il faut savoir que dans mon malheur, j'ai eu de la chance car la fracture s'est produite là où j'avais une hernie discale. Et le fait de souder les vertèbres entre elles a quasiment résolu ce souci ! Encore une fois j'ai eu beaucoup de chance."

Sinon, quels sont ces désagréments dont tu parles ?

" Et bien, je manque de force dans ma jambe gauche, au niveau du psoas. La moelle épinière a été touchée et les nerfs de ma jambe qui transitent à cet endroit ne transmettent pas bien les informations. Bref, j'ai beau forcer, je n'y arrive pas. Et puis parfois, ma jambe a de drôles de réactions, surtout lorsque je suis fatigué... Elle bouge un peu toute seule. Mais encore une fois, quand je me rappelle mon crash et que je me revois tenter de me relever, mais ne pas en être capable, je me dis que j'ai été chanceux. J'ai dû ramper sur les coudes pour sortir de la piste..."

Et tu roules à nouveau ?

"Oui, mais juste pour me faire plaisir, hein ! Je n'ai pas roulé beaucoup, seulement trois fois, mais j'ai vraiment apprécié. Ça m'a fait tout drôle. Après, si dans les virages à droite, ça va super bien, je mets beaucoup d'angle, à gauche, c'est beaucoup plus dur avec ma jambe (rires). Je sais que je ne peux me rattraper. Maintenant, personnellement, la moto restera à jamais un plaisir. Mon objectif professionnel, c'est de faire progresser nos pilotes."

Mon objectif professionnel, c'est de faire progresser nos pilotes.

Justement, parle nous de ton association avec le team MJC.

" Loïc (ndr, Le Foll, le team manager) m'a contacté il y a deux mois pour voir si ça pouvait éventuellement m'intéresser de m'impliquer dans la structure, en m'occupant spécialement des pilotes, et de suite l'idée m'a plu. Je suis allé visiter les locaux du team, je l'ai rencontré lui et les gens de l'équipe, les jeunes et je n'ai pas mis longtemps à accepter. C'est un boulot qui m'intéresse à la base et les jeunes de l'équipe ont beaucoup de potentiel. J'arrive un peu en cours de route car la saison a déjà commencé, mais ça se met en place petit à petit. Je les conseille sur les traces, la piste. Progressivement, on a va apprendre à se connaître et notre collaboration va s'intensifier. Le suivi sera beaucoup plus poussé car c'est un deal à moyen terme. L'idée est de s'en occuper presque à plein temps, notamment l'hiver prochain."

Tu retournes chez Yam, une marque que tu apprécies, ça a pesé dans la balance ?

"Complètement. J'ai quitté les Bleus fin 2013, en très bons termes et depuis, j'ai toujours souhaité retourner chez eux. Malgré mon accident, on est toujours restés en contact avec le team Rinaldi, lors ma blessure notamment. Et à chaque fois que je suis retourné sur un GP, c'était chez eux."

Et tes petits jeunes, t'y crois fort ?

" Oui ! C'était compliqué de juger leurs potentiels car je ne les ai vu qu'à l'entraînement, mais j'ai vite compris qu'ils ont du potentiel. Quand on voit la pôle de Thibault (ndr, interview réalisé samedi, avant la course), on comprend qu'il est rapide. Je m'occupe aussi d'un jeune hollandais, Rick Elzinga et lui aussi, il peut aller loin. Ne manque que notre pilote suédois mais on m'en a dit le plus grand bien. Mon souci, pour l'instant, c'est de me remettre à l'anglais. Deux ans que je n'ai pas pratiqué, c'est un poil dur. Mais ça va revenir (rires). "

Et comment s'organisent tes journées, tu emmènes les pilotes à l'entraînement physique, moto ? "

"Non pas encore. Je passe en ce moment mon BPJEPS, le nouveau brevet d'état et ça me prend pas mal de temps. C'est ma priorité. Et le coaching est seulement réservé aux week-ends. Mais encore une fois, ça va vite se mettre en place pour être mon activité principale."

 

Vincent Boudet photos VB
Chazster.com
Roues libres

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